Nous avons marché les 7 premiers kilomètres dans la zone de source de la rivière avec un groupe de 20 personnes, à l’invitation du Conseil de l’eau du Limbourg. Ensemble, nous avons essayé de mieux cerner la nature de la rivière et ce que nous vivions.
Olivier, de Contract de Rivier, travaille quotidiennement sur la Geer / Jeker et en sait plus que quiconque à ce sujet. Il y a environ 4 à 5 sources qui polluent la rivière, et une fois que les stations d’épuration prévues seront opérationnelles, l’état de la rivière s’améliorera considérablement.
Les deux principales sources de pollution sont, d’une part, les ménages qui continuent de rejeter leurs déchets directement dans la rivière : des canalisations domestiques aux égouts à ciel ouvert. La seconde est une grande entreprise, Hesbaye Frost, qui lave les légumes avant leur mise en vente. Les toxines issues des pesticides et autres résidus finissent en partie dans des bassins de rétention et en partie directement dans la rivière. En conséquence, l’eau prend une couleur gris-noir à certains endroits en raison des déchets en fermentation et du manque d’oxygène. Elle dégage également une odeur nauséabonde à divers endroits.
L’eau s’écoule à peine en raison de l’activité des castors. Un couple de castors a été introduit dans la région il y a dix ans et s’est désormais largement répandu.
Olivier, de Contract de Rivier, et Freek, du Conseil de l’eau du Limbourg
L’activité des castors dans la rivière Geer / Jeker
À un certain endroit, Freek, du conseil de l’eau du Limbourg, a mesuré une concentration de 3,8 mg/l de nitrates, et un peu plus loin, jusqu’à 9,8 mg/l (les valeurs limites estivales pour les nitrates sont de 2,3 mg/l aux Pays-Bas et de 4 mg/l en Wallonie).
À plusieurs endroits, l’effet éponge est clairement visible dans le paysage. Certaines zones ont déjà le statut de réserve naturelle. Une nouvelle section de 14 hectares devrait bientôt venir s’y ajouter, élargissant ainsi ces zones riveraines et créant progressivement des habitats plus connectés. La première partie de notre promenade le long des berges est déjà magnifique et le deviendra encore plus grâce à cette extension.
Pourtant, dès les premiers kilomètres, on perçoit déjà la fragilité de la région en longeant les champs de pommes de terre et les plantations de peupliers environnants. La culture de la betterave sucrière a été progressivement abandonnée il y a quelque temps, ce qui a eu un effet positif immédiat sur la qualité de l’eau. À la fin du parcours, nous apercevons un affluent limpide parsemé de plantes aquatiques, qui nous redonne espoir.
Au village, nous sommes accueillis par les conseillers municipaux qui nous parlent du futur plan de traitement des eaux, un véritable défi dans un paysage vallonné composé de petites communes.